Mémoire aux soldats australiens morts le 31 mai 1918.

Lundi 31 mai 2021, Allonville pavoise en mémoire des soldats australiens morts le 31 mai 1918.

 

« Le 22 mai 1918, le 14ème bataillon (4ème division AIF) arrive à Allonville où les hommes vont pouvoir prendre du repos après 2 mois passés dans les tranchées près de Villers Bretonneux, pour la quasi-totalité d’entre-eux.

         Deux compagnies sont hébergées dans les granges de « la ferme du Haras », où se trouvent déjà les chauffeurs de la 4ème division (Compagnie de Transports Mécaniques).

Le reste de la troupe occupera les tentes dans le parc du château et les granges des fermes du village.

Au total c’est plus de 1900 soldats australiens qui s’installent pour un peu plus d’une semaine. …

… Le 30 mai, bataillon a reçu l’ordre de regagner le front, près de Villers Bretonneux, le lendemain au petit matin.

… Plus de cent soixante-dix véhicules, des ambulances, des voitures automobiles et quelques cent vingt camions dont certains chargé de munitions sont stationnés dans la cour du haras devant les granges où est hébergée une partie des soldats.

… Les hommes de la compagnie A et les chauffeurs sont installés dans un très grand hangar qui comporte un espace fermé à une extrémité.

         C’est une construction relativement récente (1910), soubassements en briques, charpente de bois et couverture de tuiles.

         D’un côté il y a un important stock de paille qu’une partie des soldats a investi, les autres dorment sur plusieurs rangées à même le sol.

La façade sud est fermée par des portes coulissantes alors que l’autre façade est en partie ouverte face au parking des camions et des ambulances.

         La deuxième grange, un bâtiment en briques avec un grenier couvert d’un toit en tuiles, située à environ quarante mètres du hangar est occupée par la Compagnie C, les membres de la fanfare, les joueurs de cornemuse et la troupe de théâtre : la « Smart set of Diggers » qui venait de donner une représentation.

… A environ vingt-quatre kilomètres, près de Bray sur Somme, des artilleurs allemands ont déclenché un feu nourri. 

Les premiers obus explosent sans causer de réels dégâts dans les champs ou à la lisière du bois de l’Angliette. Ils sont destinés à régler le tir.

…. Les obus tirés ensuite sont plus puissants, le souffle provoqué et les éclats sont terriblement destructeurs.

         À 1 h 15, un obus explose après avoir heurté le faîtage, dans le hangar occupé par les hommes de la Compagnie A.       La déflagration en provoque l’effondrement d’une partie.

Les pièces de charpente, des tuiles et les briques du pignon recouvrent les corps mutilés des soldats tués ou blessés.

         On se lève, on s’équipe, on se précipite, pour venir en aide aux blessés qui gémissent sous les décombres. Les hommes qui se trouvaient dans la deuxième grange située à une quarantaine de mètres sont sur pieds, commencent à sortir pour porter secours, l’obus qui s’abat sur eux  est tout aussi destructeur,  un incendie se déclare .

… Les premières lueurs de l’aube permettent de mesurer l’importance du désastre :  19 morts sur le coup et 68 blessés grièvement, dans les rangs des compagnies A et C, d’autres soldats plus légèrement blessés sont soignés sur place…»